Exposition

Exposition

GROUPE CROQUIS

ELEVES DU COLLEGE JULIETTE DODU

Cette exposition de croquis d’audiences est le fruit d’un partenariat fécond entre la Cour d’Appel de Saint-Denis de la Réunion et le Collège Juliette Dodu.

L’aventure a débuté à l’occasion de la participation de la cour d’appel aux Journées Européennes du Patrimoine, le 21 septembre 2019, lorsque des magistrats du parquet général ont suggéré de faire intervenir les élèves du collège dans la réalisation de « croquis d’audience sur le vif » dans le cadre du cours d’Arts plastiques.

C’est dans cet esprit qu’est né le Groupe Croquis mobilisant plusieurs élèves de niveaux 5e, 4e et 3e. Pour leur engagement régulier et productif, qu’il me soit permis de féliciter Julien, Ling, Anfiati, Clémentine, Ava, Sara, Anouchka, Sanah, Kenza, Ladli, Séréna, Batiste, Méline et Lauréna.

En l’espace d’une journée du patrimoine et de trois audiences, ces élèves, autant volontaires que passionnés, se sont immergés dans un espace réel. Des scènes insolites leur ont été offertes et il leur appartenait de les fixer instantanément sur un espace en deux dimensions.

Les élèves étaient munis d’un feutre spécial pour croquis, d’une mine de plomb et de trois crayons Sépia, Blanc et Noir, de leurs feuilles de Canson et d’aquarelle. Ils ont abordé des questionnements plastiques liés à la représentation figurative : la ressemblance, la vraisemblance, l’expressivité du trait, le cerne, la texture du support, le ton local du support et les couleurs du médium, la perception de l’espace tridimensionnel selon l’angle de vue. Tout cela se devait d’être conjugué à la contrainte temporelle. Ils ont donc dû travailler vite sur le réel. Toutes ces notions viennent renforcer la problématique de l’image dans l’enceinte judiciaire et comme l’indique l’un des magistrats « les images vidéo ou photographiques ont l’inconvénient de transmettre un point de vue partiel de la réalité d’une audience. Les gens ne veulent pas forcément se faire photographier ou filmer. La présomption d’innocence exige la prudence et donc de ne pas diffuser des images de personnes qui peuvent s’avérer innocentes à la fin d’un procès ».

Les élèves ont expérimenté en situation réelle la notion de point ou d’angle de vue depuis les bancs de l’auditoire de la salle correctionnelle. Ils n’apercevaient donc les prévenus que de dos, les magistrats et les avocats de trois quarts avec certains magistrats de face.

En revanche, ils ont été autorisés à investir la salle des Assises afin d’explorer tout cet espace et pouvoir choisir librement différents points de vue. Un jeu de rôle a permis d’induire des changements d’angles de vue : certains ont endossé le rôle des magistrats depuis leurs sièges en audience, tandis que d’autres ont occupé la place de l’accusé, des avocats ou encore de l’auditoire.

Ces occasions inespérées leur ont permis de produire différents croquis indiquant qu’ils ont scruté avec acuité et vivacité d’esprit les détails de l’architecture intérieure des deux salles, les costumes des magistrats, les attitudes des différents acteurs ainsi que l’ambiance de la « salle des pas perdus ».

Au-delà de cette exposition, cette chance offerte à nos élèves a abouti à un prolongement pédagogique non négligeable : certains ont présenté ces croquis d’audiences à l’oral du Brevet National des Collèges en mai dernier. Espérons que de ces graines semées s’épanouiront des vocations futures.

Nous remercions les chefs de cour, les magistrats, le greffe et tous les intervenants d’avoir permis à nos élèves d’explorer dans un but pédagogique et didactique cette institution judiciaire.

SOILIHI Hakime

Professeur d’Arts plastiques au Collège Juliette Dodu